UN OFFICIER ORLÉANAIS À LA GRANDE ARMÉE :

MAURICE de TASCHER

(1786-1813)

 

présenté par JEAN-CLAUDE COLRAT

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La littérature sur l'épopée napoléonienne est abondante : plus d'un millier de Mémoires, selon Jean Tulard, ont été écrits par des témoins plus ou moins directs, après la chute de l'Empire. Il m'a paru intéressant de vous présenter les notes laissées par un jeune Orléanais qui a suivi la Grande Armée et qui n'ont subi aucun remaniement a posteriori puisque leur auteur est mort en 1813. Il s'agit de MAURICE de TASCHER, né le 4 décembre 1786 dans l'hôtel familial du n° 6 de la rue d'Escures, à Orléans.

 

  Maison natale de Maurice de Tascher

Tout d'abord quelques mots de l'origine de sa famille qui a donné une impératrice à la France. Elle est issue d'un Guillaume de TASCHER, qui vivait au XVe siècle dans la région du Perche que l'on nomme le Thymerais (actuellement à la limite de l'Eure-et-Loir et de l'Orne). De son mariage en 1462 avec Jeanne de Chaumont, il eut deux fils :

– L'aîné est à l'origine de la branche des TASCHER de LA PAGERIE du nom d'une seigneurie du canton de Marchenoir (Loir-et-Cher). A la dixième génération, le chevalier Joseph de Tascher de La Pagerie passe à la Martinique, en 1734. Sa petite-fille, née le 24 juin 1763, reçoit les prénoms de MARIE JOSÈPHE ROSE. Elle épousera en 1779 le vicomte Alexandre de BEAUHARNAIS, d'une vieille famille orléanaise, puis en 1796 un certain général BUONAPARTE qui lui donnera le prénom plus familier de Joséphine...

– L'autre fils de Guillaume de Tascher aura deux petits-fils :

l'un créera la branche dite des TASCHER de GUYENNE;

l'autre donnera naissance à une branche cadette qui demeurera dans le Perche et recevra, en 1649, par alliance, la seigneurie de Pouvrai, près de Bellême (dans l'Orne). A la dixième génération de la branche des TASCHER du PERCHE apparaît Pierre Jean Alexandre de TASCHER, né à Chartres en 1745 et mort à Paris en 1822, qui embrassa la carrière militaire et devint capitaine au régiment de Penthièvre dragons. En 1779, il épousa Catherine Flore BIGOT de CHÉRELLES (1758-1834), appartenant à une vieille famille bretonne installée à Orléans, qui possédait l'un des pavillons d'Escures. De cette union naîtront sept enfants : Ferdinand en 1779, Charlotte en 1782, Maurice en 1786, Eugène en 1792, Frédéric en 1795, Benjamin en 1797 et Pauline en 1800.

C'est donc à son deuxième fils, Charles Marie Maurice, que nous allons nous intéresser. Né le 4 décembre 1786, il fut baptisé deux jours plus tard en l'église Saint-Michel, place de l'Étape à Orléans. Nous pouvons toujours voir la façade, légèrement modifiée, de cette église qui fut vendue comme bien national en 1791, transformée en théâtre municipal, puis en Hôtel de Ville en 1980...

 

Façade de l'ancienne église Saint-Michel

Comme son père, Maurice embrasse la carrière militaire : élève de l'École spéciale impériale militaire de Fontainebleau le 15 février 1804 (école qui sera transférée à Saint-Cyr en 1808), sous-lieutenant au 8e hussards le 17 janvier 1805, lieutenant au 12e chasseurs à cheval le 6 janvier 1807, chevalier de la Légion d'honneur la même année, capitaine au même régiment le 6 juin 1809. Proposé pour le grade de chef d'escadron en 1813, il meurt à Berlin au retour de la retraite de Russie, dans des conditions à la fois tragiques et romanesques.

Tout au long de ses campagnes, chaque soir si possible, le jeune officier de cavalerie prend des notes qu'il rédige ensuite plus calmement lorsque ses obligations lui laissent quelque temps libre. Après sa mort, son frère aîné, le baron (puis comte) Ferdinand de Tascher, a recopié ces notes sur des cahiers de format uniforme, mais en prenant "le soin de les transcrire avec une religieuse exactitude." Ces cahiers seront conservés pieusement par la famille, tout d'abord au château de Pouvrai (Orne), puis actuellement au château de Thauvenay, près de Sancerre (Cher). Ces notes ont fait l'objet de quelques publications relativement confidentielles : en 1932 par la Société d'imprimerie d'édition et de journaux du Berry, à Châteauroux ; en 1933 par les éditions Plon sous le titre Souvenirs d'un cousin de l'Impératrice ; de 1989 à 1999 dans le bulletin trimestriel "Le Briquet" de l'amicale des collectionneurs de figurines historiques du Centre-Loire.

Ces notes présentent un grand intérêt pour plusieurs raisons :

– Maurice de Tascher est un être cultivé, enthousiaste, spontané, sensible, qui porte sur les personnes et les situations qu'il rencontre des jugements de valeur et parfois d'une grande audace pour son époque ;

– il a appartenu à des régiments ayant participé à des phases essentielles des guerres napoléoniennes, en Allemagne, en Prusse, en Pologne, en Espagne, puis de nouveau en Allemagne et enfin en Russie ;

– son nom lui a permis d'approcher les plus grands personnages de l'Empire, sans toutefois en rechercher des protections particulières auxquelles son indépendance d'esprit répugnait.

 

Portrait de Maurice de Tascher

Premières campagnes : Allemagne et Prusse, 1806

Troisième campagne : Pologne, 1807
Quatrième campagne : Espagne, 1808

Cinquième campagne : Autriche, 1809
Sixième campagne : Russie, 1812

Épilogue

 

 

A travers l'Europe avec Maurice de Tascher

 


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