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Le
Capitaine
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Le
capitaine (du latin
caput, tête) est placé à la
tête de la compagnie. C'est un noble, qu'il soit de
grande ou de petite noblesse. Il n'est pas obligatoirement
chevalier mais peut être un simple écuyer. Il
est assisté d'un lieutenant et de quelques autres
hommes d'armes à cheval.
Portant
le "harnoys plein" d'acier poli, sur lequel il revêt
éventuellement une cotte d'armes armoriée ou
une huque de riche étoffe alors fort à la
mode, il est armé de l'épée et d'une
autre arme de poing, masse, hachette, etc. Au combat, il est
coiffé du bassinet ou de la salade à
visière. Mais la mode veut qu'il arbore souvent avec
l'armure une coiffure civile, chapeau de feutre, toque de
fourrure ou encore chaperon.
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Le
Guisarmier
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Les
hommes d'armes à pied de la compagnie sont
armés d'armes d'hast, c'est-à-dire de fers
emmanchés sur une hampe. Telle est la guisarme dont
le fer muni d'un crochet sert à la fois à
accrocher les pièces des armures pour
désarçonner les cavaliers et ensuite à
les faucher à terre.
Les
hommes à pied ne portent qu'une partie des
protections métalliques, bras ou jambes, et une
protection de tête, salade, barbute, chapel de fer.
Pour se
distinguer les uns des autres, ils arborent sur leur paletot
un insigne de parti : ici la croix blanche dite "des
Armagnacs" qui distingue les Français.
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Le
Hallebardier |
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La
hallebarde est une arme venue de Suisse et d'Allemagne,
à l'époque récemment introduite dans
l'armée française. Elle est munie d'un dard
servant à percer l'armure ou tout au moins à
pénétrer aux défauts de celle-ci, et
d'un fer de hache propre à tailler têtes et
membres !
Ce
hallebardier porte une brigandine, pourpoint renforcé
en son intérieur de lames d'acier rivetées.
Il s'agit
ici d'un Bourguignon : il arbore pour insigne de parti la
croix de Bourgogne qui est une croix de Saint-André
rouge.
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Le
Vougier
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La vouge
est une arme d'hast on ne peut plus simple : c'est un
dérivé de la serpe ou de la faux, aussi
appelé fauchart.
Nous
voyons ici un homme d'armes écossais, qui porte la
croix de Saint-André blanche sur une cotte le plus
souvent bleue. Il arbore un petit bouclier de bois rond,
clouté, caractéristique : la targe.
Sur le
continent, les Écossais portent à peu
près les mêmes vêtements que les autres
guerriers. Pas de kilt, qui serait anachronique : les
Highlanders étaient censés porter sur leurs
terres des chemises ou manteaux safran.
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Le
Coutillier
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Voici le
mauvais garçon de la compagnie : la coutille est une
arme à fer large, à double tranchant, propre
à égorger les blessés qui ne valent pas
une rançon et ne seront pas fait prisonniers. C'est
le rôle ingrat du coutillier que d'achever ces
malheureux.
Sur sa
courte pèlerine à capuchon, celui-ci arbore la
croix noire des Bretons, la
Kroaz
Du,
sur fond blanc.
Le blanc
et le noir sont les couleurs traditionnelles de la Bretagne
depuis le XIIe siècle (à rapprocher de
l'emblème qu'est l'hermine), encore portées
sur le drapeau national actuel créé au
début du XXe siècle, le
Gwenn ah
Du.
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L'Archer
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Arme
à jeter des "traits" (terme générique
désignant toutes les sortes de flèches,
carreaux, etc.), l'arc est très ancien et a
doté les guerriers des civilisations
primitives.
Cet
archer anglais, reconnaissable à sa croix de
Saint-Georges rouge sur la pèlerine passée sur
une cotte de cuir, est armé du redoutable "long bow"
en bois d'if qui sema la panique dans les rangs de la
chevalerie française lors des batailles de la Guerre
de Cent Ans. Très entraînés, les archers
anglais, surtout gallois d'ailleurs, pouvaient tirer
jusqu'à huit fois en une minute. C'est une arme
surtout efficace lorsqu'elle est employée en nombre
par les pluies de flèches envoyées sur
l'ennemi.
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L'Arbalétrier |
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Autre
arme de traits, l'arbalète est le perfectionnement
technique de l'arc. Grâce à un mécanisme
destiné à tendre la corde, sa puissance est
décuplée et son utilisation ne demande pas
l'entraînement intensif nécessité par
l'usage de l'arc. Cette puissance "mécanique" l'avait
fait interdire par le concile de Latran, en 1139, comme
étant
artem mortiferam (art mortel) et
deo
odibilem (haïe de Dieu).
Plus
lente d'emploi que l'arc, c'est une arme surtout efficace
dans la guerre de siège où
l'arbalétrier peut viser calmement à l'abri
des merlons des remparts ou du grand pavois qu'il dispose
devant lui sur le champ de bataille. Les plus fameux
arbalétriers étaient génois,
employés en grand nombre dans l'armée du roi
de France et portant donc la croix blanche.
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Le
Couleuvrinier
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Enfin,
voici l'arme de la modernité, issue du
développement de l'artillerie à poudre : le
"bâton à feu" ou couleuvrine portative,
ancêtre du fusil.
En effet,
aux grosses bombardes, qui étaient renommées
faire plus de bruit que de dégâts, vinrent
s'ajouter des pièces plus petites, plus
légères et plus maniables : bombardelles,
crapaudaux, veuglaires, couleuvrines. De plus en plus
petites, certaines couleuvrines purent, dès
l'époque du siège d'Orléans, être
utilisées comme pièces individuelles et
portables, lançant des petits boulets en fonte de
fer. C'est une arme encore coûteuse, et la cassette de
la duchesse d'Anjou, Yolande d'Aragon, y pourvut. C'est
sans doute pour cela que de nombreux couleuvriniers
étaient angevins, dont le plus fameux canonnier du
siège d'Orléans : Jean de Montesclère,
dit "Maître Jean le Couleuvrinier".
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Tous les personnages
présentés ci-dessus sont réalisés
à base de figurines
du jeu d'échecs
"Mokarex" (Louis XI / Charles le
Téméraire),
peintes par Jean-Claude COLRAT. |