miniature XIVe s. (détail)

 

F.A.Q.

ou en français :

Foire Aux Questions...

 

| Personnage non trouvé | Dessins des bannières et étendards | Étoffe des caparaçons | Or et argent |
| Textes des procès de Jeanne d'Arc | Armoiries de Nicolas de Giresme | Tenue de tournoi et tenue de combat |
| Technique des dessins d'armoiries du site |Écossais et cornemuses | Jean de Linières, grand queux de France |
| Encore les bannières et étendards | Miniature sur la bataille de Patay | Armagnacs et bourguignons |
| Regnault de Chartres camérier de Jean XXIII | Armoiries des Templiers et autres  |
| Recherches sur les Écossais |


-Je n'ai pas trouvé sur votre site N... qui, pourtant, a joué un rôle non négligeable au côté de Jeanne d'Arc. Pourquoi ?


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-Il ne m'est pas possible de faire figurer à la fois sur ce site tous les compagnons d'armes de Jeanne d'Arc que j'ai étudiés (plus de 250 dont la liste complète suit l'index alphabétique de ce site et qui figurent dans mon ouvrage "Les compagnons d'armes de Jeanne la Pucelle"). Les pages "Le compagnon du mois" et "Quelques compagnons en bref" sont périodiquement modifiées pour faire tourner régulièrement les personnages les mieux connus.


-Je souhaiterais réaliser en figurine un compagnon de Jeanne avec sa bannière ou son étendard. Les deux faces de la bannière sont-elles identiques?


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-Sur les étendards et bannières médiévales, les deux faces sont identiques mais les dessins sont inversés au revers (de même que sur les housses de chevaux, ce qui est trop souvent ignoré ou oublié par les figurinistes). C’est le principe des figures "contournées" en héraldique. Par exemple, un animal, tel le sanglier de l'étendard de Richemont, regarde toujours vers la hampe (comme il regarde toujours vers l’avant du cheval sur une housse) sauf très rares exceptions. Il en serait de même pour un lion ou toute autre figure. Ceci avait d’ailleurs un intérêt pratique, car les étendards étaient d’une seule épaisseur d’étoffe et les peintures grasses pouvaient traverser sans dénaturer la décoration de l’autre face. L'étendard de Jeanne d'Arc paraît être une exception à ce principe avec des motifs différents à l'avers (Christ du Jugement dernier) et au revers (écu avec coulon et devise).


-Pourriez-vous me dire si les caparaçons des chevaux au Moyen Age étaient damassés, peints ou tissés en fonction des armoiries du chevalier ? Les parties dites "or" et "argent" en héraldique étaient-elles jaunes ou blanches ou bien réellement or et argent ?


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-Aux époques anciennes, les étoffes étaient simples et le plus souvent les motifs héraldiques étaient peints. Aux XIV-XVe s., les housses de cheval ou caparaçons pouvaient être armoriées ou non. Souvent en tournois, elles étaient aux couleurs du parti du tournoyeurs ; tous ceux de la même " équipe " avaient la même housse, parfois ornée d’une devise. A la guerre, elles étaient le plus souvent armoriées, sur toute leur surface ou portant seulement un écu (ou plusieurs écussons) sur un fond uni. Les fonds dits unis sont généralement damassés, c’est à dire que l’étoffe est un tissé ton sur ton de fils mats et satinés dessinant des rinceaux, des feuillages, des fleurs, des figures géométriques, mais sans rapport avec les motifs héraldiques. Lorsque le rang du chevalier est élevé, il peut même s’agir de brocart tissé de soie et d’or, avec des motifs comme ceux des damassés (pour un exemple de housse de cheval en brocart, voir sur ce site le duc d’Alençon).
Les surfaces importantes des armoiries peuvent être aussi damassées ou faites de brocart d'or ou d'argent : j’imagine mal Gilles de Rais avoir une housse de cheval avec quatre grands carrés jaunes séparés par une croix noire : le jaune devait être un brocart et le noir damassé. Pour les personnages de moindre importance, les étoffes devaient être simplement jaunes ou blanches; mais de petits détails pouvaient être brodés d'or, plus rarement d'argent qui s'oxyde vite et devient noir.


-Je voudrais consulter les textes des procès de Jeanne d'Arc afin d'approfondir le sujet. Où puis-je les trouver ?


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-Vous pouvez éventuellement trouver chez le libraire la version intégrale en latin et en français, éditée par Pierre Duparc à la Société de l'Histoire de France, le tout en plusieurs volumes et assez onéreux. Vous pouvez aussi consulter de *très larges extraits* en français sur le site de l'abbaye de Saint Benoît de Port-Valais (ou en anglais sur celui du *Saint Joan of Arc Center*).


-Il me semble que les armoiries que vous décrivez pour Nicolas de Giresme sont erronées car les armes des Giresme sont d'argent à la croix de sable recercelée chargée en abîme d'une molette d'or (voir : La Cour Amoureuse de Charles VI) et que Nicolas, chevalier de Rhodes, aurait dû avoir un chef de cet ordre, à savoir de gueules à la croix d'argent.


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-Les armes figurant sous le n° 232 dans "La cour amoureuse de Charles VI", avec la molette en abîme, sont personnelles à Charles de Giresme. Les armes pleines de la famille sont simplement " d'argent à la croix ancrée ou recercelée de sable " (voir notamment Armorial du héraut Berry, n° 106. "Ceulx de Giresme : d'argent à la croix ancrée de sable"). Nicolas de Giresme les portaient telles, ainsi que le prouve son sceau conservé à la BnF (Collection Clairambault réf. 53.4035.133) : écu à la croix recercelée, sans aucune brisure. Cet écu est simplement surmonté (hors du champ) d'une croisette pattée indiquant sa position de chevalier de Rhodes. Ce n'est que bien postérieurement que les chevaliers de Malte ajouteront un chef aux armes de l'Ordre. Les héraldistes des XVIIe et XVIIIe ont eu une malencontreuse propension à généraliser ces chefs aux armes des ordres de chevalerie pour les chevaliers des siècles passés.


-Puis-je représenter un cavalier lors d'un combat réel avec la tenue de parade des tournois ?


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-Non. C'est la même différence qu'entre la tenue de parade en tunique rouge et bonnet à poil des Guards de Sa Majesté britannique et leur battle-dress ! Au combat, les chevaliers ne portent pas les cimiers, et les heaumes et armures ne sont pas les mêmes que lors des tournois. Bien sur, les armoiries sont les mêmes, mais, à la guerre, elle ne sont plus guère utilisées sur des cottes d'armes vers 1430 (car les cavaliers nobles préfèrent porter des huques en riches étoffes), encore un peu sur les housses des chevaux (tant qu'il ne s'agit pas encore de caparaçon d'acier comme à la fin du XVe s.).


-Je voudrais vous dire que les dessins de vos blasons sont merveilleux (Merci !). Quel logiciel avez-vous utilisé ?


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-Mes dessins d'armoiries figurant sur ce site n'ont pas été réalisés à l'ordinateur mais à la main, avec la bonne vieille méthode de la plume et de l'encre de chine, avec mise en couleurs au pinceau, aquarelle et acrylique liquide. Ils sont ensuite tout simplement scannerisés.


-J'aimerais savoir si les Écossais au service de la France avait conservé leurs traditions et en particulier des sonneurs de cornemuse ?


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-La cornemuse n'est pas, à l'origine, un instrument typiquement écossais. Depuis l'Antiquité, on trouve des instruments similaires un peu partout, y compris en Orient. En France, la "musette" était très répandue. Il n'y a donc pas de raison que les Écossais venus au secours de Charles VII n'aient pas eu des sonneurs de cornemuse ou pipers. On sait d'ailleurs que Jeanne d'Arc fit son entrée dans Orléans au son des cornemuses. Bien sûr, ce n'était pas encore la grande cornemuse actuelle (Great Highland Bagpipe, Piob Mor ou biniou braz), mais un instrument ressemblant davantage au biniou breton traditionnel (biniou coz) avec deux bourdons.


-Vous écrivez que Jean de Linières était "grand queux" de France. Que signifie ce terme ?

 
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-Ce titre a la même origine que l'appellation de "maître queux" donnée aux grands cuisiniers. Queux (terme vieilli, dit Littré) signifie cuisinier et vient du latin coquus (qui a donné cook en anglais). Le grand queux de France est l'officier de la Maison du Roi qui a la responsabilité des cuisines, tout comme le grand bouteiller a la responsabilité des caves et le grand pannetier celle de la boulangerie.


(1.7.03)

-Avant de peindre des figurines médiévales, j'aimerais savoir quelles étaient les couleurs des bannières de l'époque utilisées par les compagnies d'ordonnances françaises, notamment en 1465.


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-La question paraît simple mais la réponse est difficile… Les anciens emblèmes de la chevalerie étaient de trois ordres, dans l'ordre croissant :
1° pour le chevalier bachelier ou chevalier "à pennon" : un pennon, de forme triangulaire ;
2° pour le chevalier à bannière ou banneret : une bannière, de forme rectangulaire, le plus souvent dans le sens de la hauteur + un pennon;
3° pour le chef de "bataille" : un étendard, très long et à queue fourchue + une bannière + un pennon ;
tous ces emblème portant simplement les armes du chevalier.
Vers la fin du XIVe siècle, l'organisation de l'armée change et la mode aussi. Les chevaliers bannerets et à pennon disparaissent pour être remplacés par des chefs de guerre et capitaines de compagnie ; normalement, il n'existe plus au XVe siècle que deux emblèmes :
1° l'étendard pour les gens d'armes à cheval, de très grande dimensions (jusqu'à 6 m de long !), à double queue ;
2° le pennon pour les hommes d'armes à pied, plus petit, à une seule queue ;
tous deux aux couleurs du chef de compagnie. Car la décoration héraldique des emblèmes laisse la place à une décoration plus complexe à base de couleurs de livrée, de devises et d'insignes de parti.
Si l'on connaît bien les étendards anglais (avec une documentation abondante) qui ont un système très particulier, il n'en est pas de même des étendards français : pour la période johannique, on ne connaît (grâce à des représentations sur tapisseries, sources néanmoins aléatoires) que l'étendard de Charles VII et celui de Richemont ; celui de Jeanne elle-même est un difficile sujet de reconstitution d'après des témoignages incertains.
Pour la seconde moitié du XVe siècle, les exemples d'étendards et pennons connus ne sont guère plus nombreux : Louis XI, Jean de Daillon, Charles le Téméraire, Antoine grand bâtard de Bourgogne, quelques compagnies bourguignonnes…
Mais j'ignore totalement les étendards que pouvaient porter les capitaines des compagnies d'ordonnance en 1465… il faut attendre le règne de Louis XIII et surtout de Louis XIV pour avoir une idée certaine des emblèmes de l'armée française !


(1.8.04)

-En titre de votre page consacrée aux "Compagnons incontournables", vous avez placé la reproduction d'une miniature du XVe s. représentant la bataille de Patay. Au premier plan figure un chevalier qui porte, sur son écu, ce qui semble être une femme, d'or, sur champ de gueules. Pourriez-vous me préciser quel est ce personnage car c'est la première fois que je vois de telles armoiries ?


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-Il s'agit tout simplement d'une représentation "très fantaisiste" de Jeanne d'Arc, dans une longue robe bleue passée sur l'armure, et avec un écu qui la symbolise : une pucelle à cheveux longs armée d'une lance...! (miniature extraite de la "Chronique de Charles VII" par Jean Chartier - BnF). Derrière Jeanne se trouvent le duc d'Alençon, le Bâtard d'Orléans et le Comte de Vendôme, reconnaissables à leurs écus armoriés. On voit aussi, outre la bannière de France, l'Oriflamme (qui n'était pas à la bataille de Patay...) et l'étendard de Richemont avec son emblème : le sanglier. (détail).


(1.10.05)

-A propos de Bernard d'Armagnac comte de Pardiac, pourriez-vous me dire pourquoi on appelait les partisans du roi de France les "armagnacs" en opposition aux "bourguignons" ?


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-C'est le connétable Bernard VII d'Armagnac (père de Bernard VIII comte de Pardiac) qui a donné son nom aux partisans du duc d'Orléans et du dauphin futur Charles VII. Voici comment: Charles d'Orléans avait épousé en 1406, à l'âge de douze ans et avec dispense pontificale, sa cousine germaine Isabelle, fille de Charles VI et d'Isabeau de Bavière, jeune veuve de Richard II d'Angleterre. Elle mourut trois ans plus tard, en 1409. A la suite d'une conférence organisée en avril 1410 par le duc de Berry à Gien, où les principaux féodaux (Bourbon, Orléans, Berry, Alençon, Clermont, Bretagne, Armagnac) s'engageaient à combattre le duc de Bourgogne et le parti anglophile de Charles VI, Bonne d'Armagnac, fille de Bernard VII, comte d'Armagnac, et de Bonne de Berry, était offerte en mariage au duc d'Orléans. Aux termes du contrat, signé le 18 avril, le connétable d'Armagnac devenait le chef de la coalition. C'est ainsi que le parti du duc d'Orléans fut appelé celui des "armagnacs" contre celui des "bourguignons".


(1.8.07)

-A propos de Regnault de Chartres vous indiquez qu'il aurait été "camérier" de l'anti-pape Jean... XXIII. Ai-je bien lu "Jean Vingt-Trois" ? car ce nom correspond à un pape contemporain, en tous cas des années 1950-1960.


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-Vous avez bien lu : il s'agit d'un "anti-pape" du temps où il y eut deux et même trois papes, à Rome, Avignon et Pise. La mort de Grégoire XI en 1378, pape d’Avignon retourné à Rome, avait ouvert ce que l’on appelle le Grand Schisme d’Occident. Il y eut désormais un pape à Rome (de 1446 à 1415 c’était Grégoire XII) et un autre en Avignon (Benoît XIII de 1394 à 1423). Dans le doute de leur légitimité, les principaux monarques d’Occident, dont le roi de France et l’Empereur germanique, firent déposer les deux pontifes par un concile réuni à Pise en 1409, lequel élisait un troisième pape, Alexandre V (1409-1410), à qui succéda rapidement Jean XXIII (1410-1415. Enfin, la légitimité fut rendue au seul pontife romain par le concile de Constance (1414-1417).
Mais ce ci-devant Jean XXIII, alias Balthazar Cossa, est un curieux Saint-Père: ancien pirate de la Méditerranée, il réussit à devenir cardinal à titre civil (c’était courant à l’époque, et encore possible en théorie de nos jours). Il fut ordonné prêtre à l’aube du 17 mai 1410, sacré évêque dans la matinée et élu pape à midi !
Le cardinal Roncalli, en coiffant la tiare en 1958 et en choisissant le prénom de Jean (Giovanni), a repris le même numéro puisque le précédent n'est pas reconnu officiellement par l'Église !
A noter que le pontife actuel a fait la même chose puisqu'il a aussi existé un anti-pape du nom de Benoît XVI : Jean Langlade, de 1470 à 1499.


(1.3.08)

-les Templiers ou autres Hospitaliers, pendant les Croisades, portaient-ils sur leur cotte d' armes et écus, les blasons propres à leurs maisons ou seulement la croix spécifique de leurs confréries ?


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-Les chevaliers appartenant à l'un des ordres créés lors des croisades, qu'ils soient templiers, hospitaliers, ou autres, ne portaient que la croix de leur ordre. La seule exception semble concerner les Teutoniques, mais en dehors de la Palestine comme lors de la guerre contre les Polonais et Lithuaniens (bataille de Tannenberg, 1410). C'est donc le cas pour Nicolas de Giresme, chevalier de Rhodes, qui devait porter sur son écu au combat "de gueules à la croix pattée d'argent" quoique ses armes soient "d'argent à la croix recercelée de sable" utilisées à titre personnel sur son sceau par exemple.


(23.4.12)

-Je pense que l'un de mes ancêtres était d'origine écossaise et a combattu avec Jeanne d'Arc. Pourriez-vous me communiquer la liste complète des soldats écossais au siège d'Orléans et me fournir des précisions sur ce personnage dont le nom était x ?


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-Étant assailli de demandes de ce genre, je me dois de préciser que :
1° il n'existe pas de "liste d'enrôlement des soldats écossais" de cette époque (nous sommes au XVe siècle...) ;
2° il ne m'est pas possible de faire des recherches pour des tierces personnes.