Cimiers fantastiques

du Moyen-Âge


Les armoiries se composent de l’écu proprement dit (c’est-à-dire le rappel du bouclier du guerrier) mais aussi du timbre, à savoir le heaume ou le bassinet orné de lambrequins (souvenirs des pièces de cuir ou d’étoffe qui le protégeaient de l’ardeur du soleil, tailladées par les coups d’épée) et sommé du cimier qui était porté lors des tournois par les chevaliers, signe de ralliement s’ajoutant au blason.

Contrairement à l’écu avec ses brisures, le cimier est généralement une marque commune à toute une famille. Tous les membres d’une famille devraient donc avoir le même cimier, mais il y eut des exceptions au gré des caprices de chacun. A noter que dans les grandes familles, ce sont les petits personnages qui sont les plus attachés au cimier familial. Quant aux bâtards, ils n’avaient pas droit au port du cimier de leur père, sauf â être légitimés. Cet élément très décoratif sort d’une couronne (sans règle de hiérarchie à ce niveau à l’époque) ou bien d’un tortil ou bourrelet, constitué de rubans entortillés autour du sommet du casque.

A l’époque, il faut compter aussi, outre les cimiers de famille et les cimiers personnels, avec les cimiers de circonstance portées pour une occasion bien particulière (joutes, tournois, pas d’armes, festivités diverses), ce qui ne simplifie pas leur étude. On peut aussi se demander si certains ne furent pas exclusivement des enjolivements graphiques sur des armoriaux ou sur les sceaux.

Parfois, le cimier reprend le meuble principal du blason mais, le plus fréquemment, le cimier n’a aucun rapport avec les armes proprement dites. Quant aux personnages de moindre importance, ils peuvent se contenter de vols (ailes) aux couleurs des armes ou encore d’écrans (simples panneaux de forme diverse) reprenant le thème de l’écu.

Plus encore que les armes de l’écu, le cimier, que l’on a comparé au masque ou au totem des civilisations primitives, a une importance symbolique forte : le but du cimier était de se grandir, de se rendre effrayant, et de se créer à soi-même une sorte d'exutoire, d'où la présence fréquente d'animaux sauvages, fabuleux ou bien de personnages et d’objets plus ou moins surréalistes.


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Le griffon Le cygne La licorne Le cerf L'aigle
Le cheval La grue La tête humaine La main Le vol

Nota : tous ces cimiers ont été réalisés par l'auteur du site, modelés, sculptés et gravés en pâte époxy - marque Milliput ® - et peints à l'acrylique. Certains ont servi de "master" pour la firme Nemrod ® qui commercialise ainsi le cygne, la licorne et le griffon, en pièces détachées en résine à monter et à peindre.