Christophe d'Harcourt, Baron d'Avrech.

 

 


Miniature XVe s. (détail) 


Mars 1429. Parmi les personnages qui entourent le roi Charles VII à Chinon, lorsqu'il reçoit la visite de Jeanne d'Arc, l'un va se montrer très vite favorable à la Pucelle. Du parti angevin, Christophe d'Harcourt va, à plusieurs reprises, défendre les points de vue de Jeanne la Pucelle.


 

Christophe d'Harcourt

Principales sources :
sceau de son père de 1397 et son propre
sceau de 1436 (BnF) - armoriaux
Vermandois,
Charolais, Sicile, Gelre - Père Anselme. [1]
 

 

Nom : Christophe d'HARCOURT.

: vers 1375.

Mort : à Tours 11 mai 1438.

Titres nobiliaires : baron d’Avrech alias Havré (Hainaut, en actuelle Belgique), seigneur de Vailly (Vailly-sur-Aisne, Aisne), du Quint (commune de Sainte-Croix, Drôme) et de Pontaix (Drôme).

Offices civils et militaires : commandant de la garde du dauphin (1425), capitaine de Thouars (1424), conseiller et chambellan du roi, sénéchal du Maine, maître général réformateur des eaux et forêts (1431), capitaine et gouverneur des villes de Mouzon et de Beaumont (1438).

Père : Jacques Ier d’Harcourt (1350-1405), seigneur de Montgommery.

Mère : Jeanne d’Enghien, châtelaine de Mons († 1425).

Aïeux paternels : Jean V comte d’Harcourt († 1355) et Blanche de Ponthieu, comtesse d’Aumale, dame de Montgommery († 1387).

Aïeux maternels : Gérard Ier d’Enghien, châtelain de Mons, et Jeanne de Barbançon.

Épouse : sans alliance.

Descendance : fils naturel, Jean, bâtard d’Harcourt, seigneur d’Havré († 1485).

Armoiries : Écartelé, aux 1 et 4 de gueules à deux fasces d’or (Harcourt), aux 2 et 3 d’or à trois bandes d’azur (Ponthieu-Aumale, par son aïeule paternelle Blanche de Ponthieu, comtesse d’Aumale). [1]

Cimier : une queue de paon au naturel issant d’un cuveau de gueules dans une couronne d’or, lambrequins de gueules doublés d’or.

Devise familiale : Gesta verbis prævenient (Et le bon temps viendra).

Présence au côté de Jeanne d'Arc à : Chinon, Jargeau, Meung, Beaugency, Patay, Reims.

[1] à noter une anomalie sur son sceau de 1436 où le 2e quartier est de Tancarville (de gueules à l'écu d'argent en abîme à l'orle d'angemmes d'or). Or c'est son aîné, Jacques II, qui fut comte de Tancarville par mariage. Christophe releva-il ce quartier à la mort de Jacques (en 1428) et pendant la minorité de son neveu Guillaume, dont il fera d'ailleurs son héritier ? Ces armes figurent tout naturellement dans celles de sa nièce Marie, l'épouse de Dunois (voir son écu dans la chapelle funéraire de Cléry).


Commentaires : Christophe d'Harcourt, s'il est davantage un politique qu'un militaire, a joué un rôle important dans l’épopée johannique. Il apporta en effet un ferme soutien à Jeanne.

La famille d’Harcourt comportait plusieurs branches. La branche aînée descendait de Jean V, comte d’Harcourt († 1355), qui eut deux fils : Jean VI, comte d’Harcourt († 1389), et Jacques d’Harcourt (1350-1405), premier du nom, seigneur de Montmorency, Mesle-sur-Sarre, Noyelles-sur-Mer, d’Havré et autres lieux. Jacques Ier d’Harcourt de Montgomery épousa Jeanne d’Enghien, châtelaine de Mous (t 1425). Christophe est leur troisième fils. L’aîné, Philippe, baron de Montgomery, mourut sans enfant en 1414. Le deuxième, Jacques II, fut tué au siège de Parthenay en 1428, laissant pour descendance Guillaume, comte de Tancarville, et Marie, future épouse de Jean, Bâtard d’Orléans, comte de Dunois.

Christophe d’Harcourt prit le commandement en 1425, avec Jean de Comborre, sire de Treignac, de la garde du dauphin instituée par le connétable de Richemont. Il était capitaine de Thouars depuis 1424. Dès l’arrivée de Jeanne à Chinon, il montre beaucoup d’intérêt à sa mission et fait partie des conseillers du roi qui se font les avocats de l’héroïne. Il la rejoint à Jargeau, l’accompagne à Meung, à Beaugency, et combat probablement à Patay . Il assiste ensuite à la cérémonie du sacre. C’est en sa présence, et celle du Bâtard d’Orléans et de Gérard Machet, confesseur du roi, que Jeanne avait dit à Charles VII à Loches: «Gentil dauphin, ne tenez plus davantage de délibérations ; venez au plus tôt à Reims pour prendre une digne couronne.»

Conseiller et chambellan du roi, sénéchal du Maine, Christophe d’Harcourt devint, en 1431, maître général réformateur des eaux et forêts. Il joua un rôle important dans la diplomatie qui aboutit au traité d’Arras signé avec le duc de Bourgogne en 1435. Il devint capitaine et gouverneur des villes de Mouzon et de Beaumont en mars 1438. Il mourut peu après à Tours, le 11 mai 1438. Demeuré célibataire, il eut un fils naturel, Jean, bâtard d’Harcourt, seigneur d’Havré († 1485).