Armoiries d'Arthur de Richemont

(Principales sources: armorial du héraut Berry, armorial Le Blancq)

 

Miniature de J.C. Colrat
inspirée d'un dessin contemporain
à la mine de plomb.

 

Château natal : Suscinio (Morbihan)
photo © J.C. Colrat

 


A
rthur de Richemont, Connétable de France.

 

Nom : Arthur de BRETAGNE dit de RICHEMONT.

Surnom : le Justicier ou le Balafré.

: le 24 août 1393 au château de Suscinio (Morbihan).

Mort : le 26 décembre 1458 à Nantes (Loire-Atlantique).

Titres nobiliaires : duc de Touraine, comte de Richmond (Yorkshire), comte de Dreux et d'Ivry (Eure), d'Etampes (Essonne), de Montfort -l'Amaury (Yvelines), baron de Parthenay (Deux-Sèvres), seigneur du Goëlo (Côtes-d'Armor), du Gavre (Loire-Atlantique), du Coudray-Salbart, (Deux-Sèvres) du Hac (Le Quiou, Côtes-d'Armor), de Vouvant (Vendée) et autres lieux, duc de Bretagne en 1457 sous le nom d'Artus III.

Offices civils et militaires : connétable de France (7 mars 1425).

Père : Jean IV († 1399), duc de Bretagne.

Mère : Jeanne, infante de Navarre.

Aïeuls paternels : Jean de Montfort († 1345) et Jeanne de Flandre.

Aïeuls maternels : Charles le Mauvais, roi de Navarre († 1387) et Jeanne de France († 1373).

ÉpouseS : 1° en 1423 Marguerite de Bourgogne († 1442), duchesse de Guyenne, fille de Jean sans Peur, 2° en 1442 Jeanne d'Albret († 1444), comtesse de Dreux, 3° en 1445 Catherine de Luxembourg († 1492).

Descendance : une fille naturelle, Jacquette bâtarde de Richemont (légitimée en 1443).

Armoiries : d'hermine au lambel de gueules à trois pendants chargés chacun de trois léopards d'or.

Nota : ce lambel au armes de l'Angleterre brisant les armes de Bretagne a quelquefois été jugé séditieux et remplacé dans des armoriaux par un lambel de sable.

Cimier : chapeau de gueules rebrassé d'hermine, sommé d'un lion d'or couronné de même, assis entre deux cornes d'hermine. Lambrequins d'hermine doublés de gueules.

Devise : un sanglier au pied d'un chêne sur une terrasse d'herbage, le tout au naturel, avec la sentence : " Que qui le vueille ".

Présence au côté de Jeanne d'Arc à : Beaugency, Patay.

Commentaires : Arthur ou Artus est le deuxième fils de Jean IV († 1399), duc de Bretagne, et de Jeanne, infante de Navarre, sa troisième épouse. Celle-ci épousa en secondes noces Henri IV d'Angleterre et Arthur reçut de celui-ci le comté de Richmond (Yorkshire) qui était traditionnellement un fief mouvant du duché de Bretagne depuis Guillaume le Conquérant. Ayant épousé en 1423 Marguerite de Bourgogne († 1442), duchesse de Guyenne, fille de Jean sans Peur, Arthur de Richemont était le vassal du roi d'Angleterre et le beau-frère du duc de Bourgogne, ainsi que du régent Bedford qui avait épousé Anne de Bourgogne, tout en devenant connétable de France en 11425. Plus tard, il se remariera en 1442 avec Jeanne d'Albret († 1444), comtesse de Dreux, et en 1445 avec Catherine de Luxembourg († 1492).

Blessé à Azincourt, Richemont en conservera le surnom de "balafré". Fait prisonnier, il demeura en Angleterre auprès de sa mère jusqu'en 1420. Le régent Bedford lui donna le titre de duc de Touraine et les comtés de Montfort et d'Ivry. Mais Yolande d'Aragon, belle-mère de Charles VII, parvient à s'attacher les bonnes grâces d'Arthur de Bretagne et le fait nommer connétable de France, le 7 mars 1425.

Le nouveau connétable est en effet un personnage entier, sans concession, que rien n'arrête dans les actions les plus extrêmes, qui n'hésite pas à s'attaquer aux favoris du roi. Après avoir fait assassiner Pierre de Giac puis Le Camus de Beaulieu, il se heurte à Georges de La Trémoïlle. Richemont finit par tomber en disgrâce et, conservant son titre de connétable, s'exile sur sa terre de Parthenay. Pourtant, Arthur de Bretagne ne faisait qu'œuvrer pour le salut de la couronne.

Aussi, lorsque Orléans est menacé, Richemont n'y tient plus. Il décide de venir au secours de la ville avec une armée de Bretons totalisant 400 lances, soit un peu plus de 2 400 hommes d'armes et 800 archers. Il ne put rejoindre l'armée royale qu'au moment de l'attaque de Beaugency, malgré d'ailleurs l'ordre de repli que lui intima le roi. Devant les réticences fortes du duc d'Alençon et moindres de Jeanne, le connétable dit à la Pucelle : "Jeanne, on m'a dit que vous me vouliez combattre. Je ne sais si vous êtes de par Dieu ou non. Si vous êtes de par Dieu, je ne vous crains en rien car Dieu sait mon bon vouloir. Si vous êtes de par le Diable, je vous crains encore moins." Et la Pucelle répondit : "Beau connétable, vous n'êtes pas venu de par moi, mais parce que vous êtes venu vous serez le bienvenu". Ce renfort inattendu et non voulu par Charles VII sera déterminant le lendemain pour la victoire de Patay, le 18 juin 1429, où le connétable est à l'avant-garde avec ses vaillants bretons. Malgré l'insistance de Jeanne, la rancune royale l'écarta de la cérémonie du sacre où il est remplacé dans ses fonctions par Charles d'Albret. Le roi l'envoie combattre en Normandie.

Richemont revient en faveur après la disgrâce de La Trémoïlle en 1433. Dès lors, il fut l'un des meilleurs soutiens de Charles VII, se montrant d'une redoutable efficacité à la tête de l'armée. Il luttera fermement contre la Praguerie et contre les "écorcheurs", faisant régner une discipline inflexible dans l'armée.

Le 17 avril 1436, il entre victorieusement dans Paris. De 1437 à 1439, il reprend différentes places d'Île-de-France, telles que Malesherbes, Château-Landon, Montereau, Meaux et Nemours. Assistés des meilleurs capitaines, comme Dunois, Clermont, Chabannes, etc., il entreprend la reconquête de la Normandie. Le 15 avril 1450, il est vainqueur à Formigny.

Après la mort de son frère Jean V en 1442 et de ses deux fils, François en 1452 et Pierre en 1457, Arthur de Richemont devint duc de Bretagne en 1457 sous le nom d'Artus III. Il fit son entrée triomphale à Rennes, le 29 octobre. Il mourut à Nantes l'année suivante, le 26 décembre 1458. Il est inhumé dans l'église des Chartreux et ses restes seront transférés dans la cathédrale en 1817. Son chroniqueur et hagiographe, Guillaume Gruel, écrivit : " Oncques (jamais) homme de son temps n'aima plus justice, ni ne mit peine de la faire à son pouvoir qu'il faisait. "