Armoiries du bâtard d'Orléans

(Principales sources: sceaux 1429, 1437, 1438, 1444, armorial du héraut Berry, Chroniques du Père Anselme, clé de voûte peinte de la chapelle de Châteaudun, Manuel du blason de D. Galbreath)

 

Portrait du comte de Dunois
© Miniature de J.C. Colrat
d'après un portrait peint vers 1450
(école tourangelle)

 

Donjon de Châteaudun (Eure-et-Loir)
Photo © I. Guénon

 


J
ean, Bâtard d'Orléans.

 

Nom : Jean, Bâtard d'ORLÉANS (comte de DUNOIS en 1439).

Surnoms : le Beau Dunois, le Restaurateur de la Patrie.

Naissance : le 18 avril 1403 (ou 1402) au château de Beauté-sur-Marne.

Mort : le 23 novembre 1468 au château de l'Haÿ les Roses (inhumé en la basilique Notre-Dame de Cléry).

Titres nobiliaires : comte de Mortain (1424), de Porcien (1428), de Périgord et de Gien (1430), de Dunois (1439) et de Longueville (1443), vicomte de Saint-Sauveur, baron de Parthenay, seigneur de Valbonnais (1421), Fallavier (1422), La Ferté-Vineuil, Romorantin (1430), Châteaurenault, Fréteval, Marchenoir, Beaugency, Cléry (1439), Bouteville, Vouvant et autres lieux.

Offices civils et militaires : chevalier en 1421, chambellan du dauphin et régent, lieutenant général du duc d'Orléans 1429, grand chambellan du roi 1433.

Père naturel : Louis, duc d'Orléans (1371-1407).

Mère : Mariette d'Enghien (épouse d'Aubert Le Flamenc, seigneur de Cany et de Varennes)

Aïeuls paternels : Charles V le Sage (1337-1380), roi de France, et Jeanne de Bourbon.

Aïeul maternel : Jacques d'Enghien.

Épouses : 1° en 1422 Marie Louvet (fille de Jean Louvet, seigneur d'Eygallières, président du Parlement de Provence). - 2° en 1440 Marie d'Harcourt (1420-1484), dame de Parthenay, de Secondigny, de Vouvent, de Mervant, de Matefelon, de Duretal, etc., (fille de Jacques II d'Harcourt, baron de Montgommery, et de Marguerite de Melun, comtesse de Tancarville).

Descendance : Jean d'Orléans comte de Longueville, François, Marie, Catherine ; un fils naturel Jean d'Orléans, bâtard de Dunois.

Armoiries : d'Orléans, brisées d'une traverse de sable. Cette brisure de bâtardise fut transformée en cotice d'argent a une date imprécise.

Cimier : une tête de licorne d'argent, à la corne d'or ; tortil d'or et d'azur, et lambrequins d'azur doublés d'or. Après avoir reçu le titre de comte de Dunois, paraît avoir porté en cimier un bélier issant d'argent accornée d'or. Légitimé prince du sang, porta aussi la double fleur de lis de France.

Présence au côté de Jeanne d'Arc à : Orléans, Jargeau, Meung, Beaugency, Patay, Reims, Paris.

Commentaires : Né le 18 avril 1403, Jean, Bâtard d'Orléans, est le fils naturel de Louis, duc d'Orléans, et de Mariette d'Enghien. Celle-ci est l'épouse, depuis 1389, d'Aubert Le Flamenc, seigneur de Cany et de Varennes, conseiller et chambellan du duc Charles d'Orléans. Le Bâtard est élevé en compagnie du futur Charles VII, pendant une dizaine d'années. En 1422, il épouse Marie, fille de Jean Louvet (v. 1370-1440), président du Parlement de Provence et l'un des favoris du dauphin. En 1440, il se remariera avec Marie d'Harcourt (1420-1484). Le couple aura quatre enfants, dont le deuxième, François (1447-1491), sera la souche des comtes puis ducs de Longueville.

Chambellan du dauphin et régent, le Bâtard d'Orléans est fait seigneur de Valbonnais en Dauphiné en 1421, comte de Mortain en Normandie en 1424 et comte de Porcien en Réthelois en 1428. Il est nommé lieutenant-général du duc d'Orléans pendant la captivité de celui-ci, étant le seul représentant mâle de la famille sur le territoire français.

Le Bâtard d'Orléans avait levé le 5 septembre 1427 le siège de la ville de Montargis. L'année suivante, c'est donc tout naturellement qu'il fut chargé de la défense d'Orléans où il arriva le 25 octobre 1428. Il accueillit Jeanne d'Arc devant Orléans, le 29 avril 1429. Il sera ensuite de tous les combats au côté de la Pucelle qu'il accompagnera jusqu'à Paris.

Entre Jeanne la Pucelle et Jean le Bâtard d'Orléans, il ne semble pas qu'il y ait eu les mêmes relations qu'entre l'héroïne et Jean d'Alençon, son "gentil duc". Il n'y eut pas de la part du futur Dunois l'idolâtrie que semble avoir eu pour Jeanne le baron de Rais qu'elle appelait familièrement Gilles. Pour Jeanne d'Arc, Jean d'Orléans était simplement le "Bâtard". Il faut dire que celui-ci arborait à l'époque ce surnom fièrement, comme une bannière ; c'était son titre de gloire, plus que ses comtés de Mortain et de Porcien. Il était le Bâtard avec un B majuscule comme le P de la Pucelle.

Un instant de faiblesse fit participer le Bâtard d'Orléans à la Praguerie mais il resta finalement d'une fidélité absolue à Charles VII. Il devint grand chambellan du roi à la disgrâce de La Trémoïlle. Sa brillante conduite à la tête des armées le fit couvrir d'honneurs, le roi lui donnant le titre de "Restaurateur de la Patrie". En 1431, il participa à la campagne de Normandie et prit part à la libération de Paris en avril 1436. En récompense de sa conduite, Jean d'Orléans reçut en 1439 le comté de Dunois, dont le nom l'immortalisera, et en 1443 le riche comté de Longueville. A la rupture de la trêve de Tours, en 1448, le comte de Dunois reprit sa glorieuse carrière militaire : il enleva Le Mans, entreprit la reconquête de la Normandie en juillet 1449, entra victorieux dans Rouen le 19 octobre 1449 et , le 15 avril 1450, il remporta, avec Richemont et Clermont, la victoire de Formigny. Puis il se retourna vers la Guyenne. Tout s'acheva après la bataille de Castillon le 17 juillet 1453.

Le comte de Dunois mourut le 23 novembre 1468 au château de l'Haÿ-les-Roses. Il fut inhumé en la basilique Notre-Dame de Cléry où le rejoindra le corps de Louis XI qu'il servit avec autant de dévouement qu'il avait servi Charles VII.