Armoiries de Charles de Bourbon

(Principales sources: armorial du héraut Berry, armorial du héraut Gelre)


C
harles de Bourbon, Comte de Clermont.
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Nom : Charles Ier de BOURBON.

: en 1401.

Mort : le 4 décembre 1456 à Moulins.

Titres nobiliaires : Comte de Clermont (Clermont-sur-Oise, Oise), d'Auvergne (Cantal et Puy-de-Dôme), de Forez (Loire) et de l'Isle-Jourdain (Gers), seigneur du Beaujolais (Rhône), des Dombes (Ain) et de Combrailles (Puy-de-Dôme), puis duc de Bourbon (Bourbon-L'Archambault, Allier) en 1434.

Offices civils et militaires : capitaine général en Languedoc et Guyenne (1420), Lieutenant-général en Nivernais, Bourbonnais, Forez, Beaujolais, Lyonnais et Mâconnais (1424), gouverneur de l'Ile-de-France, Champagne et Brie (1429), grand chambrier de France (1434).

Père : Jean Ier, duc de Bourbon (1380-1434).

Mère : Marie de Berry († 1434).

Aïeuls paternels : Louis II de Bourbon (1337-1410) et Anne de Clermont.

Aïeuls maternels : Jean, duc de Berry († 1416) et Jeanne d'Armagnac († 1387).

Épouse : Agnès (1407-1476), fille de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, et de Marguerite de Bavière.

Descendance : onze enfants de son épouse et de nombreux bâtards.

Armoiries : de France, brisé d'une bande de gueules dentelée en chef ; à la mort de son père ou peut-être même dès la captivité de ce dernier, prend les armes pleines de Bourbon, savoir : de France, brisé d'une bande de gueules.

Cimier : la double fleur de lis de France, ou bien le cimier du duc de Bourbon qui est un bouquet de plumes de paon d'or miraillées d'azur sortant d'un cuveau d'argent et d'une couronne d'or.

Présence au côté de Jeanne d'Arc à : Chinon, Reims, Paris, La Charité et Saint-Pierre-le-Moûtier.

Commentaires : Charles Ier est le fils aîné de Jean Ier, duc de Bourbon (1380-1434), et de Marie de Berry († 1434). Le duc de Bourbon avait été fait prisonnier à la bataille d'Azincourt et fut retenu captif en Angleterre jusqu'à sa mort en 1434. Charles portera le titre de comte de Clermont jusqu'à cette date. Il avait été élevé avec le dauphin, futur Charles VII. Il fut marié en 1425 à Agnès (1407-1476), sœur de Philippe le Bon, duc de Bourgogne.

En 1429, le comte de Clermont fut envoyé à Orléans par le roi, avec une armée de renfort ayant notamment pour mission d'intercepter les convois de vivres anglais. Le 12 février, l'armée française devait attaquer, près de Rouvray-Saint-Denis, un convoi de ravitaillement anglais envoyé de Paris aux assiégeants d'Orléans. Le comte de Clermont avait interdit aux capitaines français d'attaquer les Anglais avant son arrivée. Mais Jean Stuart, le Bâtard d'Orléans, Xaintrailles et La Hire, impatients d'en découdre, ne l'attendirent pas et passèrent à l'action. Alors, Charles de Bourbon, marri, fit retraite, portant ainsi la responsabilité de l'échec lamentable de cette bataille. Les forces potentielles françaises étaient pourtant de 5 à 6000 hommes, dont les 3000 de Clermont qui n'avaient pas donné, contre environ 1500 Anglais.

A la suite de cette défaite, Charles de Bourbon se retira d'Orléans, le 18 février, avec ses troupes en grand désarroi. Certains ont précisé que ce fut le comte de Clermont qui joua le rôle du roi pour tenter de tromper Jeanne d'Arc lors de sa première réception à Chinon, le 6 mars 1429. On sait que ce fut en vain et chacun connaît la scène légendaire où Jeanne reconnut Charles VII parmi l'assemblée de courtisans.

Charles de Bourbon, comte de Clermont, était l'un des six pairs laïcs au sacre de Charles VII, remplaçant le duc de Normandie, au côté de son cousin Louis de Bourbon, comte de Vendôme. Il combattit ensuite au siège de Paris. Puis, après la reconquête de la Champagne et d'une partie de l'Ile-de-France, il fut nommé le 12 septembre 1429 lieutenant-général de ces provinces. Mais Clermont se révéla rapidement incapable d'assumer cet important commandement et il se retira, ramenant les troupes vers le Berry.

Il devint duc de Bourbon et grand chambrier de France en 1434, à la mort de son père. C'est avec ce titre qu'il conduisit l'ambassade du roi auprès du duc de Bourgogne, à Arras, en 1435. En 1440, il prit une part active à la révolte de la noblesse connue sous le nom de Praguerie, comme la plupart des grands barons du royaume. Il mourut en son château de Moulins le 4 décembre 1456 et fut inhumé en la nécropole des Bourbons, le prieuré de Souvigny.

Il eut onze enfants de son épouse et de nombreux bâtards. Son fils aîné, Jean (1426-1488), se montrera bien meilleur tacticien que lui. Portant à son tour le titre de comte de Clermont, il remportera la victoire de Formigny, en 1450, achevant la reconquête de la Normandie.