Armoiries de Regnault de Chartres.

(Principales sources: sceaux de 1417, 1432 et 1435, armorial du héraut Berry, Armorial équestre de la Toison d'Or, Dictionnaire de Jougla de Morenas, Chroniques du Père Anselme)


R
egnault de Chartres, Archevêque de Reims.

 

Nom : Regnault de CHARTRES.

: en ? à Ons-en-Bray.

Mort : le 4 avril 1444 à Tours.

Titres nobiliaires : duc archevêque de Reims (Haute-Marne).

Offices civils et militaires : archevêque de Reims en 1414, camérier de l'antipape Jean XXIII, grand chancelier de France à titre provisoire en 1424 puis à titre définitif en 1428, gouverneur des provinces d'Île-de-France reconquises en 1429, archevêque d'Embrun en 1432, d'Agde en 1436, évêque d'Orléans en 1439, cardinal en 1440, évêque de Mende en 1444.

Père : Hector de Chartres, seigneur de Lyons-en-Beauvaisis († 1418).

Mère : Blanche de Nesle.

Aïeuls paternels : Jean de Chartres et Marie L'Étendard.

Aïeuls maternels : Jean de Nesle et Ade de Mailly.

Armoiries : écartelé, aux 1 et 4 d'azur au semis de fleurs de lis (réduites à quatre), à la croix d'argent, de l'archevêché pairie de Reims, aux 2 et 3 contre-écartelé, a) et d) d'argent à deux fasces de gueules, qui est Chartres, b) et c) de gueules semé de trèfles d'or à deux bars adossés du même, qui est Clermont-Nesle (par sa mère).

Cimier : heaume d'argent damasquiné, aux différentes pièces bordées d'or et de perles, orné d'émeraudes au centre de filigranes circulaires d'or, et garni d'une grosse émeraude à son sommet, de la tenue héraldique de l'archevêque de Reims. Écu posé sur la croix épiscopale (modèle selon ses sceaux) croisée avec la crosse.

Présence au côté de Jeanne d'Arc à : Chinon, Poitiers, Orléans, Reims.

Commentaires : Peut-on classer Regnault de Chartres parmi les compagnons d'armes de Jeanne d'Arc ? "Compagnon", il le fut car il la côtoya fréquemment, mais on ne peut pas dire qu'il était un farouche partisan de l'héroïne ! On peut aussi le qualifier de "compagnon d'armes" car ce dignitaire de l'Église, grand officier de la Couronne, participa aux campagnes militaires.

Regnault de Chartres devint archevêque de Reims en 1414 et camérier de l'antipape Jean XXIII (Balthazar Cossa, qui régna de 1410 à 1415). Il est nommé chancelier du roi en remplacement de Martin Gouge de Charpaignes, d'abord à titre provisoire en 1424 puis à titre définitif en 1428.

Présent à Orléans depuis une date indéterminée, Regnault de Chartres fuit la ville le 18 février 1429 après le désastre de la "journée des harengs". Il fut chargé de présider le conseil réuni à Poitiers par Charles VII pour interroger Jeanne et se prononcer sur sa mission. Il accompagna ensuite l'héroïne de Chinon à Blois où se regroupait l'armée de secours. C'est avec cette armée qu'il revint à Orléans le 4 mai 1429. Dès le lendemain, le chancelier présida le conseil des chefs de guerre. Il refusa tout d'abord que Jeanne y assistât, puis s'opposa fréquemment aux propositions de la Pucelle.

Archevêque de Reims, Regnault de Chartres fut chargé du sacre de Charles VII et pratiqua, selon la tradition, les saintes onctions sur la personne du roi. Regnault de Chartres fut nommé au temporel gouverneur des provinces reconquises avec, pour lieutenant-général, le comte de Clermont puis le comte de Vendôme. Ainsi, il supervisa les opérations militaires de Compiègne et de Soissons, en 1430. Mais il décida le licenciement de l'armée, laissant Jeanne d'Arc seule avec quelques capitaines.

Après la disgrâce de son compère La Trémoïlle, en 1433, il conserva sa charge de chancelier sous réserve qu'il désavoue publiquement l'ancien grand chambellan, ce qu'il fit sans scrupule. En tout état de cause, il vit concrétiser son projet de rapprochement avec le duc de Bourgogne lorsque fut signé le traité d'Arras en 1435, pour la négociation duquel il faisait naturellement partie de l'ambassade du roi de France.

Archevêque d'Embrun en 1432, d'Agde en 1436, Regnault de Chartres est nommé évêque d'Orléans en 1439 et à ce titre célébrera le mariage de Charles d'Orléans et de Marie de Clèves l'année suivante. Le roi lui fit obtenir la pourpre cardinalice qu'il reçoit du pape Eugène IV le 28 novembre 1439, lors du concile de Florence. En 1444, il devient évêque de Mende mais il meurt le 4 avril à Tours, au cours des négociations pour la trêve entre Charles VII et Henri VI qui sera signée quelques semaines plus tard et qui marquait l'aboutissement, certes provisoire, de sa politique de réconciliation entre la France et l'Angleterre.