Armoiries du duc de Bar
en 1429

Armoiries du duc d'Anjou et roi de Naples
en 1434

(Principales sources: sceaux de 1431 et 1433, armorial du héraut Gelre, armorial Lalaing, etc.
Voir : Christian de Mérindol , "Le roi René et la seconde maison d’Anjou, art, emblématique, histoire", Éditions du Léopard d’Or, 1987)


R
ené d'Anjou, Duc de Bar
.


Nom
: René d'ANJOU.

Surnom : le Bon Roi René.

: le 16 janvier 1409 à Angers.

Mort : le 10 juillet 1480 à Aix-en-Provence.

Titres nobiliaires : Roi de Naples, de Sicile et de Jérusalem (en 1434), de Majorque et d'Aragon (en 1446) duc de Bar (en 1423), de Lorraine (en 1431) et d'Anjou (en 1434), marquis du Pont (Pont-à-Mousson, Meurthe-et-Moselle), comte de Guise (Aisne), de Barcelone, de Provence et de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), seigneur de Loudun (Vienne), Saumur et Angers (Maine-et-Loire), Tarascon (Bouches-du-Rhône) et autres lieux.

Offices civils et militaires : conseiller du roi (1429).

Père : Louis II d'Anjou. (1377-1417).

Mère : Yolande d'Aragon (1380-1442).

Aïeux paternels : Louis Ier d'Anjou (1339-1384) et Marie de Châtillon.

Aïeuls maternels : Jean Ier roi d'Aragon et Yolande de Bar.

Épouses : 1° le 24 octobre 1420, Isabelle (1410-1453), fille de Charles Ier, duc de Lorraine, et de Marguerite de Bavière-Palatine ; 2° le 10 septembre 1454, Jeanne de Laval († 1498), fille de Guy XIV de Laval et d'Isabelle de Bretagne.

Descendance : 1. Jean II, duc de Lorraine (1426-1471). 2. Louis, marquis de Pont à Mousson (1427-1443). 3. Yolande (1428-1484). 4. Marguerite (1430-1482) épouse de Henri VI d'Angleterre. – Héritier : son neveu Charles IV d'Anjou).

Armoiries : voir ci-dessous l'évolution des armes de René d'Anjou

En 1429 : écartelé, aux 1 et 4 d'azur fleurdelisé d'or à la bordure de gueules (Anjou), aux 2 et 3 d'azur à deux bars adossés d'or, le champ semé de croisettes recroisettées au pied fiché de même (Bar), avec sur le tout un écusson d'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent (Lorraine). Cimier : celui de la famille de Bar, une boule d'or posée sur un coussin d'azur, surmontée d'une touffe de plumes de paon, entre deux bars d'or versés mordant le coussin, lambrequins d'azur doublés de pourpre clair.

En 1434 : parti de trois pièces et coupé de deux pièces, au 1 fascé d'argent et de gueules de huit pièces (Hongrie), au 2 d'azur fleurdelisé d'or au lambel de gueules (Anjou-Sicile), au 3 d'argent à la croix potencée d'or cantonnée de quatre croisettes de même (Jérusalem), au 4 d'Anjou, au 5 de Bar, au 6 de Lorraine. Cimier de Hongrie : autruche naissante d'argent tenant en son bec de gueules un fer à cheval de sable, entre deux plumes d'argent, couronne d'or, lambrequins de sable doublés de gueules ; ou cimier de l'ordre du Croissant, un croissant d'or issant d'une couronne de même ; ou cimier de France, la double fleur de lis.

Présence au côté de Jeanne d'Arc à : Reims (peut-être), Montépilloy, Paris.

Commentaires : Né le 16 janvier 1409 au château d'Angers, René est le deuxième fils de Louis II d'Anjou et de Yolande d'Aragon. Celle-ci jouait un rôle important auprès de son gendre, Charles VII, et elle se montra tout de suite très favorable à Jeanne d'Arc. René épousa, le 24 octobre 1420, Isabelle (1410-1453), fille de Charles Ier, duc de Lorraine, et de Marguerite de Bavière-Palatine, puis, le 10 septembre 1454, Jeanne de Laval († 1498), fille de Guy XIV de Laval et d'Isabelle de Bretagne.

La mère de René d'Anjou, fille de Jean, roi d'Aragon, et de Yolande de Bar, avait un frère, Louis, cardinal et duc de Bar, qui adopta ce neveu, alors comte de Guise, et lui fit donation de son duché de Bar et du marquisat de Pont-à-Mousson en 1423. René devint ensuite titulaire du duché de Lorraine en 1431 à la mort de son beau-père. Le beau-frère du roi de France possédait dès lors les deux plus grands fiefs à l'est des possessions du Grand Duc d'Occident. A la mort de son frère aîné Louis, en 1434, il hérite du duché d'Anjou, du comté de Provence et des droits aux royaumes de Naples, de Sicile et de Jérusalem, puis il acceptera la couronne d'Aragon à la fin de 1466.

Menée devant le duc de Lorraine par les hommes de Baudricourt, à Nancy, en 1428, Jeanne la Pucelle lui demanda "de lui bailler son fils (son gendre) et des gens pour la mener en France." Contrairement au vœu de la Pucelle, René d'Anjou ne l'accompagna pas dès le début de l'épopée. Néanmoins, avec ses frères Louis et Charles, il rejoignit le roi, son beau-frère, à Reims. On ne peut dire avec certitude si ce fut avant ou après la cérémonie du sacre, car aucun des frères d'Anjou ne figura parmi les pairs. Il existe toutefois une probabilité pour que René d'Anjou fut présent à Reims le jour du sacre puisque son compère Robert de Sarrebrück, qui ne le quittait guère, y fut fait chevalier par le roi. Le 3 août 1429, à Provins, René d'Anjou signa un acte d'alliance avec celui qui était désormais véritable roi de France, ayant reçu l'onction sacrée, et il entra au conseil royal. Il suivit alors l'armée et combattit au côté de Jeanne. A la bataille de Montépilloy, le 15 août, le duc de Bar commandait le corps d'armée du centre. Puis il s'empara de Pont-sur-Seine, Chantilly, Pont-Saint-Maxence et Choisy. Il s'installa ensuite avec ses Barrois au camp de Saint-Denis, parmi les troupes qui assiégeaient Paris. Mais, le 9 septembre, au lendemain de la blessure de l'héroïne lors de l'assaut de la porte Saint-Honoré, c'est lui qui apporta à Jeanne et au duc d'Alençon l'ordre royal de se retirer.

Puis, René retourna à ses luttes partisanes, s'opposant désormais au comte de Vaudémont, cousin germain d'Isabelle de Lorraine et qui revendiquait les droits au duché de Lorraine, avec l'appui du duc de Bourgogne. Il fut fait prisonnier par ce dernier à la bataille de Bulgnéville, le 2 juillet 1431, et emprisonné à Dijon. Il sera libéré en 1436 contre une rançon de 400 000 ducats et le mariage de son fils, Jean de Calabre, avec la nièce de Philippe le Bon, Marie de Bourbon. Il repartira guerroyer vainement en Italie pour la conquête de ses possessions chimériques, sans pour autant cesser de venir aider son beau-frère dans la reconquête du royaume de France. C'est ainsi que René d'Anjou est au côté de Charles VII lors de son entrée dans Rouen en 1449, qu'il combat à Formigny en 1450, et qu'il prend part à la première partie de la campagne d'Aquitaine en 1451.

Grand féodal, fervent de tournois, amateur d'arts et de belles-lettres, le "Bon roi René" se retira ensuite sur ses terres provençales. Il mourut à Aix-en-Provence, le 10 juillet 1480. Il nous a laissé deux chefs-d'œuvre : Le livre du cœur d'amour épris et surtout le Traité de la forme et devis d'un tournoi qui reste un document inestimable sur ce sujet.

   L'évolution des Armes de René d'Anjou

 

Né en 1409 à Angers, René d'Anjou, titré comte de Guise, fils cadet du duc Louis II d'Anjou et héritier adoptif de son oncle maternel, Louis, cardinal et duc de Bar, écartelait les armes d'Anjou (d'azur fleurdelisé d'or à la bordure de gueules) et de Bar (d'azur à deux bars adossés d'or, le champ semé de croisettes recroisetées au pied fiché d'or).


 

Après son mariage, le 24 octobre 1420, avec Isabelle, fille du duc Charles de Lorraine, il pose sur le tout un écusson de Lorraine (d'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent). Ce sont les armes qu'il porte en tant que duc de Bar (1423) et de Lorraine (1431).

En 1434, à la mort de son frère aîné Louis III d'Anjou (mort en Calabre lors de ses luttes incessantes pour recouvrer la succession des rois angevins de Naples, de Sicile et de Hongrie descendants de Charles d'Anjou, frère de Saint Louis), il reçoit le duché d'Anjou, le comté de Provence et les droits chimériques sur la Hongrie, Naples, la Sicile, ainsi que sur le royaume de Jérusalem "acheté" en 1277 par Charles d'Anjou. Par défi, il place en chef les armes de ses royaumes virtuels de Hongrie, de Naples-Sicile et de Jérusalem avant celles de ses possessions réelles d'Anjou, Bar et Lorraine (ces armes sont dites "aux trois royaumes sur trois duchés").


 

A la mort de son épouse Isabelle de Lorraine, en 1453, il abandonne les armes du duché de Lorraine qu'il avait perdu après sa défaite et sa capture à Bulgnéville (2 juillet 1431) devant les troupes de son rival, le comte de Vaudémont, cousin germain d'Isabelle, appuyé par le duc de Bourgogne.


 

En 1466, il peut enfin coiffer une couronne royale, celle d'Aragon et Majorque qui lui est donnée, en tant que fils de Yolande d'Aragon, fille du roi Jean Ier († 1395), par une partie de la noblesse aragonaise révoltée contre le roi nominal, Jean II († 1479). Il place en abîme les armes d'Aragon : d'or à quatre pals de gueules.